02/218.09.02
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Les beaux discours et chartes se répètent sans résultats notables. Ecolo et Groen proposent au Parlement Bruxellois d’agir et d’adopter le principe du test de situation comme instrument de contrôle de la discrimination. Et d’adopter un plan global de lutte.

Le taux d’emploi moyen en Belgique, pour les personnes de 18 à 60 ans, est de 66 %. Le taux d’emploi des personnes « d’origine belge » s’élève à 74,2 %, tandis que le taux d’emploi des personnes originaires du Maghreb et de la Turquie est respectivement de 42,9 % et de 43,3 %. En Région de Bruxelles-Capitale, ces chiffres sont encore légèrement inférieurs, à savoir respectivement 42 % et 40 %, plaçant ainsi Bruxelles, tout comme la Flandre, en queue de peloton au sein de l’UE. Entre 2008 et 2013, le différentiel ethnique dans le taux d’emploi a même augmenté de 22,0 à 27,3 points de pourcentage pour ce qui concerne les personnes nées en dehors de l’UE.

Les groupes de population concernés sont surreprésentés dans des secteurs comme l’intérim, le nettoyage, l’horeca, etc., et sous-représentés dans les secteurs public, financier, informatique, chimique, etc. ( 3 ). Cette « ethno- stratification » du marché de l’emploi se maintient pour les deuxième et troisième générations, elle évolue donc peu avec le temps et n’est que très faiblement influencée par l’acquisition de la nationalité belge.

Certes, l’exclusion des personnes d’origine étrangère du marché de l’emploi ne relève pas toujours de la discrimination. De multiples raisons peuvent être invoquées : le manque de formation, la mauvaise connaissance des langues nationales, la non-équivalence des diplômes, etc. Par ailleurs, de nombreux secteurs dits de transition, peu exigeants en termes de qualifications, servent souvent de tremplin à de nombreux demandeurs d’emploi peu scolarisés ou fraîchement arrivés sur le territoire, au risque de créer une certaine concentration.

Néanmoins, toutes choses étant égales par ailleurs (compétences et formation, notamment), la surreprésentation ou sous-représentation systémique (et systématique) de certaines catégories de travailleurs, les risques accrus de chômage qu’ils encourent et la répartition inégale des statuts, des salaires et des régimes de travail qu’ils connaissent peuvent être un signe de discriminations directes ou indirectes.

Extrait de la Proposition de résolution relative à l’introduction de tests de situation dans le cadre de la lutte contre la discrimination sur le marché de l’emploi – déposée par Madame Zoé GENOT et Monsieur Bruno DE LILLE